jeudi 16 juillet 2015


Grâce au fort taux d’équipement en téléphones portables, les achats sur Internet se développent très vite en Côte d’Ivoire. La démocratisation de l’accès à Internet en Côte d’Ivoire a permis le développement de l’e-commerce.

Parfaite quitte son bureau quelques instants pour chercher un colis dans le hall de la cité financière d’Abidjan. En bas, l’attend un livreur avec la paire de chaussures et le smartphone commandés sur Internet quelques jours plus tôt. Parfaite essaie les chaussures, déballe l’appareil et, satisfaite, règle 83 000 francs CFA (127 €) d’achats en cash.

Commandez en ligne, payez en liquide à la livraison: bienvenue dans le monde du e-commerce africain.

« C’est pratique ! », lance cette fonctionnaire du trésor de 28 ans. « Je travaille toute la journée, je n’ai pas le temps de faire les courses. Alors chaque jour, je vais sur le site Jumia.ci et je regarde s’il y a des offres intéressantes, comme si je faisais les boutiques. »
Lancé il y a deux ans en Côte d’Ivoire, ce site se targue déjà d’enregistrer 1 000 à 2 000 commandes par jour et un demi-million de visiteurs uniques par mois. Le site promet de livrer dans un délai de cinq jours et propose une large gamme de produits : vêtements, téléphones, électroménager, meubles…

La confiance, un défi

« On veut bien vendre tout ce qui se vend. Notre but, c’est d’être une sorte d’Amazon », explique Francis Dufay, le directeur pays, dans les bureaux de Jumia au sud d’Abidjan. « On a réussi à lancer la machine : dès qu’on a passé la barrière de la confiance, quand les gens essaient et se rendent compte que ça marche, c’est parti ! »

Acquérir la confiance des Internautes dans un pays reconnu pour ses « brouteurs » – ces spécialistes des arnaques du Web – est une gageure. Alors Jumia communique : ses publicités s’affichent en grand aux carrefours et grands boulevards d’Abidjan.
Ce manque de confiance explique aussi que le paiement ne s’effectue pas en ligne. Outre le faible taux de bancarisation en Côte d’Ivoire – il est encore à moins de 15 % –, le paiement par carte bleue fait peur, ici, à tout le monde. Notamment aux banques : aucune ne propose une plate-forme technique pour ce type de service.

Le géant AIG

Fondé il y a trois ans, d’abord au Nigeria, Jumia appartient à Africa Internet Group (AIG), filiale de l’allemand Rocket Internet, connu pour avoir adapté des sites d’e-commerce en Amérique latine et en Asie.

AIG opère aujourd’hui dans 26 pays africains sur une dizaine de plates-formes – Hellofood pour les restaurants, Carmudi pour les voitures, Jovago pour les hôtels, etc. Jumia opère depuis peu au Sénégal, au Ghana, au Cameroun…

En Côte d’Ivoire, le marché de l’e-commerce est « très demandeur », se réjouit Francis Dufay évoquant une croissance « exponentielle » de son chiffre d’affaires. Le site, qui compte 330 employés contre 50 un an plus tôt, mise sur l’éclosion de la classe moyenne ivoirienne et une clientèle jeune, entre 25 et 40 ans.

« On est un pays jeune. Les gens sont de plus en plus connectés à Internet, notamment sur leur téléphone », analyse Édith Brou, célèbre blogueuse et digital manager. « L’Ivoirien moyen commence à s’habituer à faire ses achats en ligne », dit-elle.

Tout le monde a un téléphone portable

En Côte d’Ivoire, tout le monde, ou presque, a un téléphone portable, et le marché des smartphones est en pleine croissance.

Il faut dire que, dans une ville tentaculaire de 6 millions d’habitants comme Abidjan, souvent embouteillée et avec un réseau de magasins physiques encore faible – quoique en plein bouleversement –, l’e-commerce simplifie la vie.

Cela attire la concurrence. Outre Jumia, au moins une dizaine de sites d’e-commerce en ligne opèrent actuellement en Côte d’Ivoire : des sites de niche (électronique, mode) et des grands groupes internationaux.

Ainsi, la start-up Wasiri propose des vêtements en provenance d’Europe et de designers locaux. « Certains designers veulent faire du prêt-à-porter, mais une boutique coûte cher », explique Tya Meyer, à la tête de Wasiri. Le site, à la recherche d’investisseurs, enregistre une dizaine de commandes par jour.

CDdiscount s’installe en côte d’ivoire

Avec plus de moyens, le groupe français Casino a lancé l’année dernière, en partenariat avec Bolloré, une version ivoirienne de Cdiscount.

Le modèle est différent de Jumia : Cdiscount propose des produits qui viennent de France, avec un petit stock à Abidjan, alors que Jumia travaille avec des fournisseurs locaux. Les délais sont donc souvent plus longs.

« L’e-commerce, c’est le nouvel eldorado des affaires ! », s’émerveille Cheick Omar Guira, directeur commercial de Cdiscount. Et son développement, dit-il, devra passer par le mobile banking – le paiement par téléphone qui permet déjà de régler ses factures d’eau et d’électricité.

Jumia et Cdiscount proposent ce service, plus simple à gérer que le paiement en liquide, et encouragent leurs clients à l’utiliser.

Par Olivier Monnier /  www.la-croix.com
Le succès de l’e-commerce en Côte d’Ivoire
jeudi, juillet 16, 2015

Le succès de l’e-commerce en Côte d’Ivoire

mardi 23 septembre 2014

Dans une série d’articles que j’ai écris sur mon blogue, sur le futur des devises numériques,  j’ai introduit la notion de Bitcoin pour la première fois à mon audience. Généralement, mes lecteurs, qui sont des jeunes professionnels bien rangés, ont du mal à comprendre l’importance d’une telle technologie. Comment s’approprier une devise qu’on ne peut pas toucher? En effet, même si aujourd’hui, plus de 90% de l’argent en circulation dans le monde est sous forme électronique, l’individu moyen en occident a encore du mal à accepter l’idée d’une devise complètement numérique. Alors combien de  fois en Afrique Sub-Saharienne?

Pourtant le fait est que les Africains sont parmi les personnes les plus susceptibles d’adopter les devises numériques comme le Bitcoin. Et oui! Malgré les accès internet limités, les coupures d’électricité intempestives, et un système bancaire peu populaire, il y a plus de chance aujourd’hui de voir proliférer le Bitcoin en Afrique que d’assister un jour à la création d’une devise fiat panafricaine.

Les avantages des devises numériques en tant que moyen de paiement

Les devises numériques représentent 4 avantages principaux pour les pays Africains :

1. L’accessibilité
2. Les faibles couts de transactions
3. Une portée mondiale
4. Le traitement de micro-paiements

En effet, en exploitant une industrie des télécommunications très développée, et un fort taux de pénétration du mobile, des plateformes de paiement par SMS comme M-PESA permettent d’introduire le Bitcoin en Afrique (sans toujours nécessiter une connexion internet des utilisateurs).

D’une part, les devises numériques permettraient aux populations africaines d’avoir un accès plus large aux sites de e-commerce à travers le monde, qui imposent souvent des restrictions sur les types de paiements possibles.

D’autre part, l’utilisation des devises numériques comme le Bitcoin réduisent drastiquement les couts de transferts d’argent internationaux, tout en rendant ces transferts plus rapides et accessibles à travers le monde entier. Ainsi, au lieu de payer 12 à 15% de frais de transaction avec Western Union ou MoneyGram, la diaspora africaine peut envoyer de l’argent à des plateformes de change Bitcoin, qui le reconvertissent en monnaie locale à destination du receveur, directement dans son portefeuille électronique (mobile money wallet).

D’ailleurs, plusieurs pays Africains anglophones sont déjà en train d’en faire l’expérience. Parmi les startups qui participent à ce changement, on compte :


 BitPesa: une plateforme de change qui accepte des Bitcoin en échange de Shillings Kenyans. Les individus qui possèdent des BTC peuvent ainsi envoyer des shillings à leurs proches, à travers BitPesa, et ce dernier dépose les devises locales dans des portefeuilles mobiles comme M-Pesa, Orange Money, Airtel, et Yu. Cout total: 3%.

• Kipochi : un service de portefeuille BTC qui s’intègre avec M-Pesa. Cela permet à des propriétaires de téléphones portables de recevoir et envoyer des BTC avant de les convertir dans la monnaie locale, en passant par leur compte M-Pesa.

• Payfast: Cet équivalent Sud-Africain de Paypal accepte depuis Juillet 2014 les paiements en BTC, ce qui permet de transiger avec leurs 30,000 commerçants partenaires.

• BitX South Africa et ICE3X.com: Plateformes de change Sud-Africaines qui permettent d’acheter, de vendre et de conserver des BTC et Litecoin.

• ZABitcoinATM: La première machine de retrait automatique pour BTC qui permet aux clients d’échanger des devises locales contre des BTC en Afrique du sud.

• Kitiwa est une plateforme de change qui permet aux ghanéens de convertir leur Ghana Cedis en BTC, leur permettant ainsi de faire des transactions sur internet dans le monde.



Les avantages des devises numériques en tant que réserve de valeur

Aussi futuriste semble être ce scénario, les pays africains qui seraient intéressés à développer un système monétaire basé sur les devises numériques au lieu des monnaies fiat, bénéficieraient de :

1. Une meilleure traçabilité des flux monétaires : L’une des premières choses qui marque quand on observe l’économie sub-saharienne, est le pourcentage des transactions qui s’opèrent dans l’économie sous-terraine. Ces transactions ne sont pas forcément illégales, mais sont plutôt non-divulguées, et non règlementées. Ce qui représente une énorme perte fiscale pour les gouvernements. Théoriquement, l’application d’un système monétaire basé sur une devise numérique permettrait donc d’accroitre la transparence financière, en permettant aux institutions d’état de retracer les adresses électroniques qui hébergent l’historique des transactions d’un individu ou d’une entreprise.

2. Une protection contre l’inflation : L’économie d’Afrique sub-saharienne est également très marquée par l’utilisation de l’argent comptant. Dans une économie où la priorité des populations est de satisfaire des besoins vitaux à court-terme, il est très fréquent de voir des micro-portions de divers produits et services se transiger sur le marché. C’est ainsi que se vendent à vil prix, des sachets d’huile de friture, des sachets d’eau potable, du crédit téléphonique et des cigarettes à l’unité.

Le besoin pour les commerçants de fragmenter les portions de produits conçus initialement pour se vendre dans un emballage précis, devient donc une nécessité pour survivre dans l’économie Africaine. Ces micro-transactions qui représentent le quotidien des populations, les rendent très dépendantes de l’argent comptant. Les cartes de paiement sont très rarement utilisées pour de tels micro-paiements, car le ‘cash’ permet plus de liquidité et de flexibilité. Mais cette liquidité vient avec un prix : une vulnérabilité à la dépréciation de la monnaie.

En effet, les populations modestes sont généralement celles qui sont le plus susceptibles de perdre leur pouvoir d’achat, à cause de leur dépendance au cash. Ces personnes ne possèdent généralement par d’actifs qui apprécient sur le long terme comme de l’immobilier ou des fonds d’investissement. Elles gardent leur argent sous les matelas, et sont donc à la merci des politiques monétaires inflationnistes de leur gouvernement.

En théorie, les devises numériques comme le BTC peuvent régler ce problème. En l’occurrence, le BTC dont l’émission maximale a été limitée à 21 Millions de BTC, est une devise, qui est vouée à apprécier sur le long terme, contrairement aux devises fiat, (pourvu bien sûr que l’adoption du Bitcoin devienne plus généralisée et que sa volatilité diminue).

3. Une plus grande souveraineté monétaire : Un système monétaire basé sur les devises numériques permettrait aux nations Africaines de se libérer de l’hégémonie économique qu’exercent des puissances comme la France. Cette liberté monétaire est très bien expliquée dans l’article de Slim Bouzid, Bitcoin: Liberté monétaire pour les tunisiens ?

C’est d’ailleurs sur ce dernier point que j’aimerais rebondir, afin de parler du cas des pays de la zone CFA, et comment les devises numériques peuvent contribuer à l’économie de cette région.

La zone CFA : un excellent exemple d’emprisonnement monétaire



La zone CFA (‘Communautés Financières d’Afrique’ ou bien ‘Colonies Françaises d’Afrique, tel que créé en 1939!) est l’ensemble des 15 pays africains qui utilisent le Franc CFA comme devise. Elle est constituée de huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad) et les Comores. Ces espaces monétaires et économiques sont issus de l’ancien empire colonial Français, et sont encore au jour d’aujourd’hui gérées par elle, à travers deux institutions africaines : la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des États d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC).

Tel que brillamment expliqué par le site de publication Survie.org, dans un article sur le sujet :

Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc. A ces principes s’ajoutent la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maitresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités

En gros, cela veut dire que contrairement à la plupart des devises dans le monde, qui ont des cours fluctuants, le Franc CFA n’a aucune existence indépendante :

• A cause de sa parité avec l’euro (historiquement le Franc français), 1 euro vaut 656 FCFA tout le temps, et cela ne change jamais.  Donc si l’euro monte, le FCFA monte; et si l’euro tombe, le FCA tombe! Cette parité est particulièrement avantageuse pour la France car elle élimine complètement le risque de taux de change dans son commerce avec ses anciennes colonies. Les institutions françaises peuvent donc acheter à prix fixe autant de cacao, café, hévéa, pétrole, bois, bauxite, or, diamants, et autres ressources naturelles et matières premières, dont ils sont généralement les principaux exploitants, afin d’alimenter l’industrie française. Mais attention! Cette libre convertibilité du CFA ne s’applique pas aux 3 régions économiques africaines concernées, ce qui restreint énormément les échanges interafricains, au profit du rapatriement de capitaux en France.

• Afin de se protéger contre les risques de surémission du FCFA (et donc de dévaluation), la production du FCFA est faite par la Banque de France. Cette dernière a aussi pour tâche de surveiller de très près les politiques monétaires des pays africains sous la zone CFA. Ainsi, le Trésor Français, est la banque des banques centrales africaines, ces dernières n’étant donc que des institutions de façade, vu qu’elles n’ont aucun pouvoir sur la politique monétaire de leur région. D’ailleurs, aucune décision ne peut être prise par les banques centrales des zones CEMAC et UEMOA sans l’accord de la Banque de France. Cela représente quelques implications positives comme la protection contre des pratiques monétaires inflationnistes, mais surtout plusieurs limites néfastes (comme le manque de compétitivité des pays Africains dans le commerce international, et un accès difficile au crédit bancaire pour les populations locales).

• Les banques centrales Africaines sont forcées de déposer 50% de leurs réserves monétaires dans un compte d’opérations au Trésor public français. La Banque de France les rémunère en intérêt, mais perçoit également des revenus de placement au passage. La baisse des dépenses publiques qui en découle limite donc énormément les opportunités de croissance et la liberté des gouvernements africains à allouer leurs fonds vers des projets de développement, au  lieu de grossir les caisses de l’État français.

Conclusion
Aujourd'hui, le FCFA est le principal outil de contrôle politique et économique qu’exerce la France sur ses anciennes colonies africaines. Afin de se défaire complètement de ce système et retrouver une souveraineté économique, les pays africains de la zone CFA doivent suivre les étapes suivantes:

1. Sortir de la zone CFA et donc se détacher complètement du concept de la France-Afrique (ce qui implique un changement majeur de l’idéologie politique, sociale et économique africaine)

2. Migrer vers un système monétaire souverain (panafricain ou non)

Pour les pays producteurs de ressources naturelles, un système monétaire basé non pas sur des devises fiat, dont le cours déprécie sur le long terme, mais sur la parité avec des ressources naturelles comme l’or, le diamant, le pétrole ou la bauxite (ou une combinaison de plusieurs matières premières) serait idéal.

Pour les pays non-producteurs, un système monétaire basé sur les devises numériques dont la production absolue serait limitée, afin d’assurer une appréciation sur le long terme, et une limite des manipulations monétaires par le gouvernement.

[…]

Par Meinna Gwet     Source: le-coin-coin.fr



Le potentiel des devises numériques en Afrique Noire
mardi, septembre 23, 2014

Le potentiel des devises numériques en Afrique Noire

Le potentiel de demande de matériels et contenus audiovisuels est immense, en Afrique. La France pourrait y jouer sa carte, à condition pour les entreprises de savoir réinventer leur modèle économique.

Le diagnostic des menaces qui pèsent sur l'avenir de l'audiovisuel français n'est plus à faire. Comme beaucoup de travaux l'ont montré, parmi lesquels la récente étude de la chaire médias et marques de Mines ParisTech dirigée par Olivier Bomsel, l'équilibre sur lequel l'écosystème audiovisuel était fondé est profondément remis en cause par le numérique. Parmi les solutions évoquées, la création de nouveaux débouchés pour notre industrie est l'une des plus importantes. La pénétration de nouveaux marchés pour nos productions est en effet la clé du développement de nouvelles recettes, seules capables de contrebalancer la baisse inéluctable des financements de la TV. Les industriels de l'image doivent réaliser que l'Afrique (spécialement les territoires francophones) représente une opportunité immense qu'ils doivent saisir, avec l'aide active de l'Etat.

Le numérique en Afrique, une opportunité pour tout le secteur

Le continent africain connaît, quoiqu'à un rythme différent de celui de l'Europe, la diffusion des technologies numériques. Le potentiel de demande de matériels audiovisuels et de contenus est immense. Avec 12 pays, l'Afrique subsaharienne francophone représente un marché de 200 millions d'habitants. La population, particulièrement jeune (en 2040, 40% des adolescents du monde seront Africains), est susceptible d'adopter plus facilement les nouvelles technologies. L'arrivée du numérique en Afrique est une opportunité pour l'ensemble du secteur, de la prestation à la diffusion en passant par la production. Tout y est à faire : les infrastructures sont fragiles, l'ADSL ne concerne que les grandes villes, le tissu de production local est très peu développé, le marché publicitaire est encore immature, etc. Ce sont ainsi tous les chaînons de notre filière de l'image qui peuvent potentiellement trouver là-bas matière à vendre leur savoir-faire.
Une France peu présente

Alors qu'elle avait participé dès le début des années 2000 au développement du secteur dans cette zone, la France est aujourd'hui peu présente, laissant la place à d'autres pays comme la Chine ou les Etats-Unis. Les déboires essuyés par certaines de nos entreprises ont laissé une trace durable dans les mentalités de nos entrepreneurs. Alors que la filière française de l'image est désespérément en manque de relais de croissance, le moment est venu pour un retour commercial gagnant dans cette zone qui s'ouvre tous azimuts.
Réinventer le modèle économique

De quelle façon pouvons-nous accomplir ce retour gagnant ? La situation particulière du continent africain, où les Etats jouent traditionnellement moins un rôle structurant qu'en Europe, nécessite une réinvention du modèle économique : plutôt que des subventions difficiles à mettre en place, c'est une logique de partenariats locaux qu'il convient de mettre en place. Les grands groupes français présents dans la zone tels qu'Orange ou Bolloré peuvent servir d'introduction à une myriade d'entreprises plus petites complémentaires sur la chaîne de l'image.
Notre proximité culturelle et historique avec l'Afrique nous permet de mettre place des partenariats à long terme sur l'ensemble de la chaîne de l'image avec des entreprises locales qui doivent être accompagnées dans leur éclosion et leur déploiement, à l'image de ce qu'a pu faire avec succès Canal Plus. L'Etat peut jouer un rôle en aidant les pays à structurer juridiquement le marché (pour faire reculer le problème des impayés notamment) et à coordonner le financement des entreprises locales, à travers la BPI par exemple. On pourrait imaginer que le CSA accompagne les pays qui souhaitent créer les régulations nécessaires au développement de leur offre audiovisuelle.
L'exception française, un véritable atout pour le rayonnement français?

Le secteur de l'image peut être la preuve que l'économie française peut s'exporter si nos entreprises savent jouer la carte des alliances stratégiques et si l'Etat adopte enfin une vision claire de son rôle. Il serait par exemple particulièrement bienvenu que le CNC conçoive une politique ambitieuse destinée aux programmes francophones en Afrique. La fameuse « exception culturelle » française pourrait ainsi devenir non plus un sujet de stigmatisation au niveau international mais un véritable atout de rayonnement.

Par Bernard Chaussegros
Vice-Président d'Euromedia Group en charge de la stratégie

Source : www.latribune.fr
L'avenir de l'audiovisuel français passe aussi par l'Afrique francophone
mardi, septembre 23, 2014

L'avenir de l'audiovisuel français passe aussi par l'Afrique francophone

lundi 15 septembre 2014


An intelligent friend once said : “Without the rise of the Nigerian, Ghanaian and African music our sons and daughters borned in the West would have completely lost their identity. Through the Afrobeats (with the “s”) music movement their interest for Africa rise”.



Watch the below video: 



Title: iafriq.com
source: SmartMonkey TV

VIDEO: The rise of Nigerian music in Nigeria and the World
lundi, septembre 15, 2014

VIDEO: The rise of Nigerian music in Nigeria and the World

Une porte sur le progrès s’ouvre. Tous les pays africains auront bientôt la possibilité de recevoir des images en HD. Mais à quel prix ? Car ce changement de norme télévisuelle, peut-être source de richesse ou de danger.

Conformément à l’accord approuvé par les 193 pays membres et autres institutions adhérentes de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), le continent africain basculera le 17 juin 2015 de la télévision analogique vers la télévision numérique ! Toutefois une période transitoire de 5 ans, permettra aux pays retardataires de se conformer à la nouvelle norme internationale ; les deux systèmes cohabiteront ainsi pendant cinq ans. Donc, au plus tard le 17 juin 2020, la télévision analogique sera définitivement mise au rencard ! 

En aparté, l’UIT est une agence des Nations-Unies, chargée de réglementer les normes dans le domaine des télécommunications.  [...] elle est l’instance de régulation internationale qui est en charge de la distribution des fréquences pour la radio-télé diffusion.

Cette migration numérique a été amorcée dans les pays industrialisés au début des années 2000. La remise aux normes du continent africain a été scellée lors des Conférences Régionales des Radiocommunications de Genève en 2006. […]

Cette transition assurera une meilleure qualité d’image (HD) et un meilleur son. Mais elle doit surtout offrir une multiplication des chaînes de télévision tout en utilisant moins de fréquences. En d’autres termes, les réceptions de chaînes hertziennes ne seront plus possibles. L’inconvénient majeur de la télévision numérique est la loi du « tout-ou-rien ». […] Avec la TNT, le signal diminue d’intensité à mesure que vous vous éloignez de l’émetteur. Dans les grandes villes ou les zones périurbaines, une antenne indoor ou un « râteau » suffira. Entre 20 et 50 km, une antenne sur le toit pourra encore faire l’affaire ; mais au-delà, il est indispensable de coupler l’antenne avec un amplificateur. La TNT peut également être diffusé via le satellite (réception par antenne parabolique) ou les fibres optiques (internet). Pour cela, l’usager doit absolument passer par un opérateur en s’acquittant d’un abonnement. […]

Le nerf de la guerre ? 


[…] En Afrique, tous les pays ne sont pas égaux devant la TNT. Plusieurs pays ont déjà entamé leur transition : l’île Maurice, l’Afrique du Sud, les pays du Maghreb. Le Gabon, le Kenya ou le Rwanda sont également en bonne voie. Pour le reste du continent, chaque pays y va à son rythme en fonction de ses moyens financiers […]

Mais à voir de plus près, la transition « vendue » comme un progrès à long terme se révèle être un casse-tête pour la plupart des pays africains, sur le très court terme. Au bas mot, cette migration reviendrait entre 200 à 300 millions €uros pour un gouvernement ; une dépense supplémentaire avec les difficultés récurrentes pour boucler un budget de fonctionnement annuel. En Afrique, le taux d’équipement ou de pénétration de la télévision dans les foyers oscille entre 25 et 35% ; et il s’agit surtout d’un phénomène urbain. En parallèle, le taux d’électrification peine à atteindre 40%. Du côté des consommateurs, cette rupture technologique risque d’engendrer un coût supplémentaire pour le renouvellement du parc de téléviseur ; sinon il faudra quand même rajouter l’acquisition de l’adaptateur TNT aux environs de 30 €uros. Un business en perspective pour les concessionnaires !

Est-ce vraiment la priorité du moment ?

Le dilemme est là car pour l’UIT, aucune mesure coercitive ne peut être prise à l’encontre d’un pays réfractaire aux changements ; car il ne s’agit que d’une recommandation. Mais comme toutes les normes ou l’adhésion à une organisation internationale comme l’OMC ou l’ACP, elle contraint le pays signataire au risque de s’isoler. La modification des normes devient alors un piège c’est-à-dire une manière insidieuse de vous précipiter dans la mondialisation au détriment d’un développement économique endogène. […]

L’autre solution préconisée par les instances internationales aux pays d’Afrique serait de vendre aux enchères leurs fréquences, comme pour les GSM. Les dites-fréquences sont effectivement le patrimoine de l’Etat.

Les recettes compenseront-elles les coûts d’installation des émetteurs ?

L’UIT considère que la diffusion de la TNT sur un territoire lui confère un dividende numérique : libération de fréquences, meilleur qualité d’images, plus de chaînes de télévision. L’argument pousse même jusqu’à imaginer qu’il serait susceptible de réduire la fracture numérique grâce à l’utilisation du réseau TNT pour déployer l’Internet mobile (LTE) dans les zones rurales. Quoiqu’il arrive, si le gouvernement n’est pas en mesure de densifier par ses propres moyens les émetteurs, sur son territoire, il devra laisser entrer des opérateurs internationaux de télécommunications.


Quel modèle économique permettrait de rentabiliser la TNT en Afrique sub-saharienne ?

[…] en France, la publicité n’arrive pas à viabiliser la pléthore de chaînes de télévisions créées par l’arrivée de la TNT. En Europe, les stations de radio avancent avec une prudence de sioux pour lancer leur radio numérique terrestre à cause de la superposition de plusieurs technologies : la radio en streaming via internet.

En termes de contenu, l’Afrique n’a pas encore suffisamment de stocks d’émissions ou de système d’archivage, indispensables à la survie de plusieurs canaux de diffusion. Il y aura quelques exceptions mais la solution de facilité voudrait que nous passions des accords de partenariat avec les filiales de chaînes audiovisuelles occidentales qui n’hésiteront pas à nous fourguer leurs navets et toutes les émissions libres de droit chez eux. Actuellement, leur cheval de Troie s’affaire à prodiguer des conseils et de l’assistance technique mais aussi d’apporter des solutions clé-en-main à tous les gouvernements en vue de la date fatidique du 17 juin 2015. Cette transition numérique recouvre non seulement un enjeu économique mais la dimension politique et sociétale rentre également en ligne de compte.

Sans un cadre législatif rigoureux, la TNT pourrait tuer dans l’œuf la création culturelle d’un pays. […]

Un outil de communication reste toujours à double tranchant. La bouffée d’air démocratique emmenée par l’avènement de la radio FM en Afrique n’a pas masquée ses effets pervers. Donc les dérives sont possibles. Et l’octroi de fréquences audiovisuelles serait susceptible d’être détourné à d’autres fins. Un passe-droit numérique permettra de démultiplier des petites stations régionales destinées à améliorer l’image d’un homme politique ou d’un potentat local.

L’embuscade numérique 

Il y a encore deux décennies, nulle n’aurait parié sur l’éclatant succès de la téléphonie mobile en Afrique. Le prix de l’équipement est abordable, qui plus est, facile d’utilisation dans ce continent où la culture de l’oralité prédomine.  Les statistiques s’affolent […], malgré un coût de communication encore très cher. […]

Que ce soit la fibre optique ou le satellite, et maintenant les émetteurs numériques, connecter le milliard d’africains au monde n’est pas une sinécure. Il faut d’énormes capitaux qu’il serait difficile pour nos gouvernements de préempter leur patrimoine numérique

[…] « Relier tous les villages africains », ce fut le rêve qui a failli se réaliser en 2007 ? Il s’agit de RASCOM : projet panafricain réunissant 46 pays africains, voulant s’affranchir des monopoles des opérateurs de télécommunications internationaux. Un rêve qui s’est transformé en chimère : lancé de la base de Kourou, le satellite n’avait jamais atteint son orbite à cause d’une fuite d’hélium ; alors qu’il devait connecter quelques 130.00 villages les plus reculés, fournir du haut débit dans les grandes agglomérations.

Echaudés par cet échec de 500 millions $, plusieurs Etats rechignent à renouveler l’opération. D’autant plus que le sponsor principal Mouammar Kadhafi (caché derrière des acteurs privés et publics libyens) n’est plus de ce monde !

Pourtant, la seule solution pour les Etats africains serait de monter un consortium, le fameux partenariat public-privé, pour espérer toucher son dividende numérique. Face à la puissance financière des opérateurs de téléphonie et des gestionnaires d’infrastructures (câbliers, lanceur de satellites), nos gouvernements seront obligés d’accepter toutes leurs conditions. D’autant que d’autres acteurs pointent leur nez devant ce milliard de consommateurs potentiels. Google (O3B, pour les 3 milliards d’habitants pas encore connectés) et autres Facebook ont déjà lancé leurs propres réseaux de satellites pour introduire les 3 milliards d’habitants marginalisés dans le monde du consumérisme.

Par Alex ZAKA

Source: Abidjan.net & Diasporas-News



La TNT en Afrique : le guet-apens numérique
lundi, septembre 15, 2014

La TNT en Afrique : le guet-apens numérique

jeudi 28 août 2014

L’économiste a remis à François Hollande un rapport sur la francophonie. Les technologies de l’information constituent, avec la démographie et les infrastructures, un moteur de croissance. 

Jacques Attali a présenté mardi un nouveau rapport à l’Élysée. L’économiste, qui fut conseiller spécial de François Mitterrand de 1981 à 1991 et, plus récemment, président de la commission pour la libération de la croissance française à la demande de Nicolas Sarkozy, précise le potentiel économique de la francophonie dans ce rapport remis à François Hollande. 6e espace géopolitique par sa population, la francophonie représente 16% du PIB mondial, avec un taux de croissance moyen de 7%, selon l’économiste. Le triplement de sa population, la réponse au besoin en infrastructures et le développement des technologies de l’information permettraient d’accélérer la croissance économique de ce marché d’ici à 2050.

Le deuxième marché mobile au monde

Le numérique est un outil de choix pour diffuser la langue et la culture française dans le monde. Il permet, par ailleurs, de proposer des services publics à moindre coût ou encore de faire émerger des services aux entreprises dans des économies en développement, notamment dans la banque et le paiement mobile. Pour Jacques Attali, la croissance démographique de la francophonie doit donc s’accompagner d’une accélération de la diffusion des TIC, sur le continent africain notamment. L’Afrique constitue le deuxième marché au monde pour la téléphonie mobile – les téléphones s’y vendent quatre fois plus que les ordinateurs. Si moins de 5% de la population africaine à accès à des smartphones aujourd’hui, ce taux devrait passer à près de 20% en 2017, d’après les estimations d’Orange. L’opérateur télécoms français table sur une hausse de son chiffre d’affaires de 4% à 5% d’ici 2020 dans les pays d’Afrique francophone.
770 millions de francophones en 2050 ?
Le monde abrite 230 millions de francophones aujourd’hui et jusqu’à 770 millions en 2050, d’après Jaques Attali. « C’est un potentiel de croissance économique considérable… L’impact de la francophonie peut représenter jusqu’à un million d’emplois et 50 milliards de dollars au niveau de la balance des paiements », a-t-il déclaré lors d’un point de presse. « Dès 2020, une politique économique ‘francophilophone’ pourrait créer ou maintenir 360 000 emplois en France ».

Pour soutenir ce « scénario positif », Jacques Attali préconise de transformer l’Organisation internationale de la francophonie en une Union économique francophone et de mettre en place une politique industrielle centrée sur le numérique (formation à distance, édition de contenus, accès à des fonds de capital-risque…). L’économiste invite, enfin, les acteurs français du numérique à se mobiliser et à développer des sites et applications dédiés à la vente de produits français, sur le modèle de l’Apple Store ou d’Amazon.

Par Ariane Beky 

Source : Silicon.fr 
Jacques Attali rêve d’une francophonie économique et numérique
jeudi, août 28, 2014

Jacques Attali rêve d’une francophonie économique et numérique